L’approche systémique selon l’école de Palo Alto

L’école de Palo Alto est un courant de pensée et de recherche né au début des années 1950, qui tient son nom de la ville de Palo Alto, en Californie.

Ce courant est notamment à l’origine de la thérapie familiale et de la thérapie brève dite systémique et stratégique. L’école a été fondée par Gregory Bateson, avec le concours de Donald D. Jackson, John Weakland, Jay Haley, Richard Fisch, William Fry, Karin Schlanger et Paul Watzlawick.

Les principes fondateurs de la thérapie brève

Trois idées simples, qui changent la façon de regarder un problème.

La souffrance existe dans un contexte

En étudiant différents systèmes culturels, Gregory Bateson découvre qu’un comportement naît, s’adapte et répond à un contexte particulier.

On le comprend bien aujourd’hui : on est moins stressé en vacances qu’au travail, les relations sont apaisées quand tout le monde est reposé, on est plus joyeux quand on n’a pas de choix cornélien à faire. Bref, les comportements et les émotions sont liés à des contextes.

Un problème, une souffrance, ne doit donc pas être regardé de manière isolée, mais dans son contexte, avec toutes les interactions qui l’entourent. Il ne s’agit plus de soigner un individu, mais les relations entre l’individu et le monde, ou entre l’individu et lui-même.

Les personnes sont en interaction

Si le contexte a une grande influence sur la personne, l’inverse est vrai aussi. Quand la cheffe arrive au travail très tendue, toute l’équipe s’en ressent et répond par du stress, de l’agacement ou du désengagement, ce qui tend d’autant plus la cheffe, et ainsi de suite.

Les relations humaines sont interactionnelles : il n’y a pas de causalité linéaire, mais circulaire. La relation entre la cheffe et l’équipe peut donc s’apaiser en modifiant stratégiquement soit la réaction de l’équipe, soit celle de la cheffe.

Le problème peut se régler en le prenant par n’importe quel endroit du cercle. C’est pourquoi, en thérapie brève stratégique, je peux vous aider à aider quelqu’un, votre enfant par exemple.

Le problème est souvent la solution

Une autre notion essentielle est née à Palo Alto : le feedback, ou « information en retour ».

Chacun a sa propre vision de la réalité et tente, face à un problème, ce qui lui semble le plus logique. Une fois décidé, il s’y accroche, si fort que la plupart du temps il ne voit pas l’information qui lui indique que ce qu’il fait ne marche pas, et il continue à faire « un peu plus de la même chose ».

« Je ne sais plus comment mettre mon enfant au travail. J’ai discuté avec lui, je l’ai puni, je l’ai aidé, mais rien n’y fait. »

« J’ai essayé tous les régimes possibles, mais à chaque fois je reprends ce que j’ai perdu, voire plus. »

« Je fais tout ce qu’il faut, j’ai lu tous les livres sur le bien-être, mais je reste en souffrance. »

Il arrive que se forcer à faire quelque chose augmente la résistance, et pourtant on essaie encore et encore, en se confrontant à nouveau à l’échec.

Le virage à 180°

C’est pourquoi je vous amènerai parfois, en douceur, à faire l’exact opposé de tout ce qui a été tenté jusqu’ici pour résoudre le problème. C’est la méthode surprenante mais redoutablement efficace du 180°, souvent utilisée en thérapie brève.

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